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[Ernest PIGNON-ERNEST].
De traits en empreintes.
Paris, Editions Gallimard, 2016. |

[Ernest PIGNON-ERNEST].
« Ceux de la poésie vécue ».
Contes, Médiathèque municipale, 2006. |

[Ernest PIGNON-ERNEST].
Repères N°124.
Paris, Galerie Lelong, 2003. |

[Ernest PIGNON-ERNEST].
L'oeuvre et son lieu.
Bruxelles, Galerie Kusseneers, 2001. |
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[Ernest PIGNON-ERNEST].
Repères N°110.
Paris, Galerie Lelong, 2000. |

[Ernest PIGNON-ERNEST].
Repères N°90.
Paris, Galerie Lelong, 1997. |

[Ernest PIGNON-ERNEST].
Ernest PIGNON-ERNEST.
Genève, Galerie Bärtschi, 1997. |

[Ernest PIGNON-ERNEST].
Sudari di carta / Suaire de papier.
Nice, Musé d'Art Contemporain, 1995. |
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[Ernest PIGNON-ERNEST].
La peau des murs.
Paris, Edition Limage, 1980. |

[COLLECTIF].
CHORUS 10. Avenue de Clichy.
Paris, Revue Chorus, avril 1973. |
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Né en 1942 à Nice, Ernest PIGNON-ERNEST est considéré comme le précurseur de l'art urbain en France. Dès ses débuts, il choisit la rue comme espace d'expression privilégié, non pas comme simple support, mais comme un élément constitutif de l'œuvre. En 1966, sa première action d'envergure consiste à apposer des affiches dénonçant la force de frappe nucléaire sur le plateau d'Albion. Sa démarche, mêlant dessin académique d'une grande maîtrise et engagement social, vise à réveiller la mémoire des lieux et à donner un visage aux drames humains invisibles.
Son parcours est marqué par des interventions iconiques qui ont profondément influencé l'art contemporain. En 1971, pour le centenaire de la Commune de Paris, il sème des sérigraphies de gisants dans les rues de la capitale, notamment dans les stations de métro. Plus tard, en 1975, il réalise son célèbre collage d'Arthur Rimbaud, dont l'image de voyageur éternel est devenue une icône populaire, collée de Paris à Charleville-Mézières. Chaque projet est précédé d'un immense travail de recherche historique et plastique, visant à ce que l'image vienne "faire signe" dans l'espace public.
L'artiste a également porté son regard sur des problématiques internationales et des figures de résistance spirituelle ou poétique. En 1996, il réalise un projet d'envergure à Naples, explorant les mythes et les tensions de la cité parthénopéenne à travers des images de la mort et de la vie. En 2002, son engagement l'amène en Afrique du Sud, où il conçoit une installation poignante sur le thème du SIDA, représentant une Pietà moderne. Ces œuvres éphémères, soumises aux intempéries et aux déchirements, tirent leur force de leur fragilité même et de leur interaction directe avec les passants.
La reconnaissance institutionnelle de son travail s'est manifestée par de nombreuses expositions de prestige, bien qu'il n'ait jamais cessé de privilégier la rue. En 2014, le Musée d'art moderne et d'art contemporain (MAMAC) de Nice lui consacre une importante rétrospective, suivie d'une nomination à l'Académie des beaux-arts en 2021. Son œuvre, documentée par la photographie, continue de questionner notre rapport à l'histoire, au corps et à la cité, faisant de lui l'une des consciences artistiques les plus respectées de sa génération.