
[Robert DELAUNAY]
Peintures, reliefs, aquarelles et dessins
Paris, Galerie Louis Carré, 1980. |

[Sonia et Robert DELAUNAY]
Quelques oeuvres
Bâle, Galerie d'Art Moderne, 1961. |

[COLLECTIF]
Cimaise 4ème série - N°6
Paris, Cimaise, 1957. |

[Robert et Sonia DELAUNAY]
Oeuvres de R. et S. DELAUNAY
Paris, Galerie Bing, 1957. |
Né à Paris le 19 avril 1885, Robert DELAUNAY est élevé par sa tante et son oncle après la séparation de ses parents. Très jeune, il manifeste un goût prononcé pour le dessin et commence sa carrière professionnelle en 1902 en entrant comme apprenti dans un atelier de décors de théâtre à Belleville, où il apprend à manier les grands formats et l'effet de la lumière. Ses débuts artistiques sont fortement marqués par le néo-impressionnisme de Georges Seurat, dont il retient l'importance de la division des tons, qu'il expose pour la première fois en 1904 avec ses toiles paysagères au Salon des Indépendants.
Sa véritable émancipation artistique survient entre 1909 et 1910 lorsqu'il entame sa célèbre série de peintures consacrée à la tour Eiffel, un motif moderne qu'il déforme, fragmente et dynamise pour exprimer l'énergie de la ville contemporaine. En 1910, il épouse l'artiste peintre d'origine ukrainienne Sonia Terk, avec qui il forme un couple fusionnel et un binôme artistique d'avant-garde. Cette même année, il intègre le cercle du Blaue Reiter (Le Cavalier bleu) en Allemagne, fondé par Wassily KANDINSKY, confirmant son inscription précoce dans les réseaux internationaux de l'art abstrait.
L'année 1912 marque un tournant radical avec l'invention de l'orphisme, un terme forgé par le poète Guillaume Apollinaire pour qualifier sa peinture fondée sur la simultanéité des couleurs pures sans référence au monde réel. Il expose ses célèbres Fenêtres et participe à de grandes expositions internationales, notamment à la galerie Der Sturm à Berlin, s'imposant comme le maître incontesté de la couleur-lumière. Fuyant la Première Guerre mondiale, il s'installe au Portugal et en Espagne de 1914 à 1921, une période prolifique où il s'inspire de la culture ibérique et réalise des œuvres monumentales inspirées du sport et du mouvement moderne, telles que L'Équipe de Cardiff en 1922.
Durant les années 1930, il revient en force à l'abstraction pure en explorant les rythmes circulaires infinis et les disques optiques. Son engagement artistique trouve son apogée en 1937 lorsqu'il coordonne la décoration du Pavillon des Chemins de fer et de l'Air à l'Exposition universelle de Paris, pour lequel il réalise des fresques monumentales saluées par la critique. Atteint d'un cancer, il se retire dans le sud de la France et s'éteint le 25 octobre 1941 à Montpellier, laissant un héritage inestimable qui annoncerait l'art cinétique et l'abstraction lyrique de l'après-guerre.