artiste / artist : Jirí KOLÁR (République tchèque, Protivín 1914 - Prague 2002) |
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[Jirí KOLÁR].
Collagen.
Köln, Wienand Verlag, 2013. |

[Jirí KOLÁR].
Objetos y collages.
Madrid, Museo Reina Sofia, 1996. |

[Jirí KOLÁR].
« Improvisation offset »
Paris, Revue K, 1991. |

[Jirí KOLÁR].
Dictionnaire des méthodes.
Paris, Revue K, 1991. |
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[Jirí KOLÁR].
Opere postume del signor A.
Paris, Revue K, 1990. |

[Jirí KOLÁR].
Mode d'emploi.
Paris, Revue K, 1988. |

[Jirí KOLÁR].
« Tirage défectueux ».
Paris, Revue K, 1987. |

[Jirí KOLÁR].
Jirí KOLÁR.
Paris, Revue K, 1987. |
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[Jirí KOLÁR].
Histoire de Jirí KOLÁR.
Paris, Revue K, 1986. |

[Jirí KOLÁR].
Jours de l'année...
Paris, Galerie Maeght-Lelong, 1986. |

[Jirí KOLÁR].
L'oeil de Prague.
Paris, Editions La Différence, 1986. |

[Jirí KOLÁR].
Hommage à Jirí KOLÁR.
Kunsthalle Nürnberg, 1984. |
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[Jirí KOLÁR].
Le théâtre de Jirí KOLÁR.
Paris, Revue K, 1984. |

[Jirí KOLÁR].
Repères N°8.
Paris, Maeght-Lelong, 1983. |

[Jirí KOLÁR].
Les réflexions poétiques de Jirí KOLÁR.
Paris, Revue K, 1983. |

[Jirí KOLÁR].
La Lyre noire. Suite Tchèque.
Paris, Revue K, 1982. |
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[Jirí KOLÁR].
Le nouvel Epictete.
Paris, Revue K, 1982. |

[Jirí KOLÁR].
L'art poétique de Maître Sun.
Paris, Revue K, 1982. |

[COLLECTIF].
Revue K.
Paris, Jiri Kolar, 1981-1995. |

[Jirí KOLÁR].
L'Art comme Forme de la liberté.
Milan, Galerie Schwarz, 1972. |
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[Jirí KOLÁR].
Collages.
Paris, ARC / MAM, 1971. |

[Jirí KOLÁR].
Jirí KOLÁR.
Köln, M. Dumont Schauberg, 1968. |
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Né en 1914 à Protivín, en Bohême, Jirí KOLÁR commence sa vie professionnelle comme menuisier avant de se tourner vers la poésie et les arts visuels. Membre fondateur du Groupe 42 en 1942, il s'attache à célébrer le quotidien et la vie urbaine à Prague. Sa carrière est précocement marquée par la censure : en 1953, sous le régime communiste, il est emprisonné pendant plusieurs mois après la découverte du manuscrit de son recueil Prométhée, jugé subversif. Cette confrontation avec le pouvoir l'éloigne progressivement de l'écriture traditionnelle pour le mener vers une poésie visuelle et expérimentale.
À partir des années 1960, KOLÁR abandonne définitivement le verbe pour inventer un langage plastique unique basé sur le collage. Il crée des techniques révolutionnaires comme le « prollage », le « rollage » ou le « chiasmage », qui consistent à découper, superposer et fragmenter des reproductions d'œuvres d'art ou des textes. En 1968, sa participation à la documenta 4 de Cassel lui apporte une reconnaissance internationale, le propulsant comme un maître du détournement d'images. Son travail déconstruit la mémoire culturelle pour la réorganiser en de nouvelles visions poétiques et fragmentées.
Contraint à l'exil, il s'installe à Paris en 1980, ville qu'il affectionne et où il fonde plus tard la Revue K. Sa présence sur la scène artistique française est jalonnée d'expositions prestigieuses, notamment une rétrospective majeure au Musée national d'art moderne (Centre Pompidou) en 1982. Durant cette période, il continue d'explorer les limites du support papier, transformant des objets du quotidien en sculptures recouvertes de lambeaux de textes, affirmant que tout, dans le monde moderne, peut être lu comme un poème visuel.
Après la Révolution de Velours, KOLÁR retrouve ses racines et est honoré en 1991 par le prix Jaroslav Seifert, la plus haute distinction littéraire tchèque. Malgré son retour symbolique à Prague, il maintient un lien fort avec la France jusqu'à sa mort en 2002. Son héritage, célébré par une grande exposition au Palais Kinský de Prague en 1999, demeure celui d'un artiste ayant su transformer la fragmentation et la destruction en un acte de création pure, faisant du collage le miroir de la complexité et de la fragilité de l'histoire européenne.