themes : SUPPORTS/SURFACES (1969-1972) |
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Louis Cane (France, Beaulieu-sur-Mer 1943)
Daniel Dezeuze (France, Alès 1942)
Patrick Saytour (France, Nice 1935)
Claude Viallat (France, Nîmes 1936)
André-Pierre Arnal (France, Nîmes 1939)
Vincent Bioulès (France, Montpellier 1938)
Marc Devade (France, Paris 1943-1983)
Noël Dolla (France, Nice 1945)
Toni Grand (France, Gallargues-le-Montueux 1935 - Mouriès 2005)
Bernard Pagès (France, Cahors 1940)
Jean-Pierre Pincemin (France, Paris 1944 - Arcueil 2005)
André Valensi
D'autres artistes, en marge du groupe, ont néanmoins participé à cette mouvance :
Marcel Alocco (France, Nice 1937)
Pierre Buraglio (France, Charenton-le-Pont 1939)
Christian Jaccard (France, Fontenay-sous-Bois 1939)
Jean-Michel Meurice (France, Lille 1938 - Paris 2022)
François Rouan (France, Montpellier 1943)
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[COLLECTIF].
SUPPORTS/SURFACES.
Paris, Ceysson Edition d'Art, 2010. |

[COLLECTIF].
Questions | Peinture.
Paris, Somogy Editions d'Art, 2005. |

[SUPPORTS/SURFACES].
Conférences & colloques.
Paris, Jeu de Paume, 2000. |

[COLLECTIF].
Les Années SUPPORTS SURFACES...
Paris, Jeu de Paume, 1998. |
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[COLLECTIF].
Les Années SUPPORTS/SURFACES.
Paris, Editions Herscher, 1991. |

[COLLECTIF].
Peinture Cahiers Théoriques.
Paris, Editions « Peinture », 1971-1985. |

[COLLECTIF].
SUPPORT-SURFACE
Paris, ARC - Musée d'Art moderne, 1970. |
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Apparu en France à la fin des années 1960, Supports/Surfaces est l'un des mouvements artistiques les plus radicaux de l'immédiat après-guerre. Porté par des artistes comme Claude Viallat, Daniel Dezeuze, Patrick Saytour ou Louis Cane, le groupe naît d'une volonté de rupture avec la peinture de chevalet traditionnelle et l'académisme. Officiellement fondé en 1970 lors d'une exposition au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, il se définit par une analyse critique des constituants physiques de l'œuvre, cherchant à « dé-fétichiser » l'objet d'art au profit de sa réalité matérielle.
Le programme du mouvement consiste à isoler et interroger les deux éléments indissociables de la peinture : le support et la surface. Les artistes déconstruisent le tableau en exposant des châssis nus, parfois réduits à de simples échelles de bois, ou des toiles libres, sans cadre, suspendues ou posées au sol. L'utilisation de matériaux modestes et industriels (bâches, cordes, grillages, tissus de récupération) et l'application de techniques artisanales comme l'empreinte, le pliage ou le trempage permettent d'évacuer toute narration ou expression psychologique de l'artiste.
Fortement marqué par l'effervescence de Mai 68, le groupe lie sa pratique esthétique à un engagement politique profond, influencé par le marxisme et la psychanalyse. En 1971, ils lancent la revue Peinture, cahiers théoriques, qui devient le lieu de débats intellectuels intenses et souvent virulents. Cette politisation extrême, couplée à des divergences artistiques, mène cependant à l'éclatement du groupe dès 1972. Malgré cette existence éphémère, le mouvement réussit à déplacer l'intérêt de l'œuvre de « ce qui est représenté » vers « la manière dont c'est fabriqué ».
Considéré comme la dernière grande avant-garde française, Supports/Surfaces a laissé un héritage considérable en ouvrant la voie à une liberté matérielle totale. La reconnaissance internationale s'est confirmée au fil des décennies, notamment avec des rétrospectives majeures au Carré d’Art de Nîmes en 1991 ou à la Galerie Ceysson & Bénétière ces dernières années. Aujourd'hui, les œuvres du mouvement figurent dans les plus grandes collections mondiales, du Centre Pompidou au MoMA, témoignant de la pertinence durable de leur réflexion sur la mise à nu de la peinture.